En ce jour de pluie (sur Kobe du moins), il fallait que je trouve un mot se rapportant à la météo. Et c’est naturellement l’image célèbre de la grenouille dans son bocal équipé d’une échelle. Considérée autrefois comme une alternative au baromètre, elle est également particulièrement appréciée pour le goût de ses cuisses en France. Un destin funeste s’il en est mais aujourd’hui, c’est un autre aspect que j’aimerais vous décrire avec le mot kaeru (蛙).

Origine du mot kaeru et signification

Kaeru s’écrit souvent aujourd’hui en hiragana かえる mais il possède aussi un kanji bien distinct qui est 蛙. Vous aurez remarqué sur la gauche la clé de l’insecte 虫 (mushi). Car comme on l’avait vu, la grenouille comme le serpent faisaient partie de cette catégorie autrefois. La partie de droite 圭 serait quant à elle une onomatopée (giseigo 擬声語) évoquant le croassement de la grenouille. A noter qu’en japonais, ce n’est pas croa croa mais kero kero (ケロケロ). Ce qui a donné naissance d’ailleurs au personnage keroro (ケロロ “Sergent Keroro” en français).

Concernant la prononciation kaeru maintenant, il existe une hypothèse intéressante. Comme la grenouille est connue pour revenir sur son lieu de naissance à l’âge adulte, on l’aurait associée au verbe rentrer qui est également kaeru (帰る) en japonais. J’ai écrit depuis le début “grenouille” mais il faut savoir que kaeru est dans son sens large une catégorie regroupant les rainettes et également les crapauds. Pour ces derniers, on emploie plutôt hikigaeru (ヒキガエル) ou encore ibogaeru (イボガエル littéralement “grenouille à verrues”). Et au Japon, l’espèce endémique bufo japonicus est particulièrement magnifique ! 😀

Le fameux crapaud commun japonais 🙂

Terminons maintenant sur un proverbe japonais assez connu : kaeru no ko ha kaeru (蛙の子は蛙). Littéralement “les enfants des grenouilles sont des grenouilles”, il est l’équivalent de “tel père, tel fils”. Toutefois, vu que le têtard (atamajakushi あたまじゃくし) diffère en apparence de la grenouille, il insiste davantage sur le fait qu’au final, un enfant finit par ressembler à ses parents. On peut y voir une sorte de fatalité et de ce que j’ai pu lire sur le net, ce proverbe est plutôt employé avec une connotation négative. N’en déplaise à la grenouille ! :S

Sources : yain.jp (étymologie), kotobanoimi.com (proverbe)

 

Guilhem Walter

Rédacteur du site kotoba.fr, je vis au Japon depuis juillet 2012 et je m’intéresse de près à la langue japonaise et la culture dont elle fait partie.