Jankuhin (ジャンク品) : des produits défectueux ou juste pas au niveau ?

Depuis que je vis au Japon (2012), j’achète des articles dans le but de les réparer et de leur donner une seconde vie. Enfin si mon choix se porte sur eux, c’est aussi parce qu’on les trouve à faible prix (en lot notamment) et que c’est donc lucratif. En général, on les appelle les ジャンク品 (jankuhin). Je vais d’abord revenir rapidement sur l’origine de ce mot puis vous exposer mon point de vue sur le sens qu’il a pris ces dernières années.

Origine du mot jankuhin et emploi actuel

ジャンク (janku) vient directement de l’anglais junk qui possède en gros le sens de “camelote/truc inutile“, c’est à dire un objet bon à jeter. On lui a apposé le kanji 品 (hin/shina) afin d’apporter une précision sur sa nature (un article/produit) même si celui-ci n’est pas vraiment nécessaire. Il se trouve qu’en japonais, le terme jankuhin décrivait surtout au départ des pièces informatiques vendues séparément dont on était pas vraiment certain de leur fonctionnement. Etant donné que faire des tests prend du temps, on préfère les vendre tel quel et prévenir le client que c’est à ses risques et périls. Bien sûr en contrepartie, le prix est assez faible. ジャンク品なので、返品不可 (jankuhin na node, henpin fuka) : vu que c’est un article vendu dans l’état, aucun retour accepté.

Ce terme apparu dans les années 1980 a fini par atteindre toutes les catégories d’articles, des vêtements jusqu’aux livres. Parfois, la raison est indiquée, notamment dans les boutiques : absence d’un accessoire, état jugé pas assez satisfaisant pour être vendu comme 中古 (chûko “seconde main”). Mais en réalité, c’est vraiment surtout un totem qu’on brandit juste pour éviter tout problème éventuel. “Comment ça, vous n’êtes pas satisfait de l’état ? Il était indiqué jankuhin donc vous n’avez rien à dire !”.

Personnellement, lorsque j’achète des produits vendus comme tel, je ne vais jamais me plaindre ensuite si je suis déçu. Pourtant, comme le rappelle l’article Wikipedia japonais sur le sujet, il y a certaines dérives qui existent. Par exemple, on trouve beaucoup de vendeurs qui vendent sciemment des produits défectueux et qui au lieu d’indiquer clairement 故障品 (koshôhin “produit défectueux/en panne) entretiennent le flou en indiquant simplement jankuhin. L’acheteur espère ainsi tomber peut-être sur des produits simplement non testés et se fait avoir. Là où c’est tendancieux en plus, c’est qu’un produit est rarement complètement HS, moi-même je récupère des écrans, coques et boutons quand je peux. Bref, prudence toutefois !

Autre source : Kotobank (étymologie)

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