Gomibukuro (ゴミ袋) : le “sac poubelle” qui n’en est pas un

Quand on pense au sac poubelle, on a généralement en France l’image d’un gros sachet de couleur verte que l’on place dans la poubelle. D’où son nom : un sac prévu pour une poubelle. Le terme japonais correspondant est gomibukuro (ゴミ袋) mais celui-ci ne fait pas de référence directe à la poubelle. On va voir pourquoi pour ensuite nous intéresser au tri sélectif japonais.

Signification de gomibukuro et généralités

Gomibukuro s’écrit en japonais ゴミ袋 où ゴミ signifie “déchets” et 袋 “le sac”. Cela désigne donc bien ici un “sac à déchets” et non un sac poubelle. La nuance est importante car lorsqu’on jette ses ordures au Japon, on ne les place pas dans une poubelle extérieure (gomibako ゴミ箱). Et oui, on dépose directement les sacs dans un endroit prévu pour au coin de la rue. On y déploie un filet bleu au dessus afin d’éviter que les corbeaux (qui sont assez énormes au Japon) les dépècent.

Et vu qu’on n’utilise pas de poubelles de couleur pour différencier les déchets, ce sont les gomibukuro qui s’en chargent. Vous en trouverez en quatre types trouvables dans n’importe quelle supérette ou supermarché :

  • Les sacs où il est écrit 缶・びん・ペットボトル (kan, bin, pettobotoru). Ce sont ceux pour les bouteilles de plastiques ou de verre et les canettes.
  • Les sacs 容器包装プラスチック (yôki hôsô purasuchikku) prévus pour les emballages plastiques et bouteilles autres que les boissons (lessive, shampoing…).
  • Les sacs 燃えるゴミ (moeru gomi) pour les “déchets combustibles” c’est à dire le papier, les restes de repas, les vêtements…
  • Les sacs 燃えないゴミ (moenai gomi) où l’on insère des objets qui à l’inverse ne peuvent pas brûler (métal, verre…)

Leur couleur change en fonction des régions afin de compliquer le tri (sinon, c’est pas rigolo). Pour les encombrants sodaigomi (粗大ゴミ), il faut appeler un centre et c’est payant.

Voici les quatres types de sac poubelle disponibles à Kôbe.

Est ce que les japonais sont de bon élèves en tri des déchets ?

On a pu voir dans la première partie que le tri au Japon était sensiblement différent de celui réalisé en France vu qu’on utilise pas les mêmes catégories. Moi qui était habitué à séparer le verre, le plastique, le papier et le reste, j’avoue avoir été un peu perturbé au début. Surtout lorsqu’il s’agit des bouteilles en plastique qui peuvent rentrer dans deux catégories.

Dans les faits, tout le monde ne respecte évidemment pas scrupuleusement les consignes. En sortant les “sacs poubelles” (et non les poubelles !), il m’est arrivé plusieurs fois de le constater. Cependant, lorsque c’est vraiment du n’importe quoi (par exemple des bouteilles pour les combustibles), sachez que votre gomibukuro restera sur place. On y place en général un petit autocollant pour vous demander de refaire le tri. Devant ce problème apparemment croissant, des voix se sont levés pour ouvrir les sacs afin de débusquer les coupables.

Un exemple gomibukuro triés n’importe comment.

Mais comme on tient beaucoup à la vie privée au Japon, ce genre de mesure est en principe interdite par la loi. Cela a fait débat en 2015 où certains ont carrément proposé de placer des caméras de surveillance. Et oui, ça peut aller loin ! Dernier point : l’horaire à respecter. Là où j’habite, on doit jeter ses gomibukuro entre 5h30 et 8h30 du matin. C’est vraiment pour la forme, il n’est pas nécessaire de les suivre à la lettre. Pour ma part, je les sors toujours vers 9h00, délinquant que je suis !

Sources : matome.naver (à propos de l’ouverture des sacs poubelle), ja.wikipedia (généralités)

2 réponses

  1. Ce système de sacs existe de cette manière en Belgique. Nous n’avons pas de poubelle mais des sacs pour les déchets non recyclés, pour les plastiques, les cartons. Les bouteilles vont dans les bulles à verre. Par contre, les éboueurs viennent encore devant chaque maison pour les récupérer.

    1. Je ne savais pas pour la Belgique ! Ils viennent devant chaque maison, même en ville ? Je pense que dans le système japonais, tout est fait pour économiser du temps. Et l’absence de poubelles s’explique par le manque de place j’imagine mais c’est à vérifier.

      Après, j’aurais pu parler de certaines communes japonaises qui enfreignent la loi en obligeant les résidents à écrire leur nom et leur adresse sur leur sac poubelle. On peut lire des témoignages sur le net avec même l’obligation de mettre son numéro de téléphone dans certains endroits !
      Evidemment, ça reste très marginal pour le numéro de téléphone mais l’inscription obligatoire du nom et prénom est toujours en vigueur à Yatomi par exemple : http://www.city.yatomi.lg.jp/kurashi/1000403/1000404/1000405.html
      Il est indiqué en japonais ごみ袋への名前の記入をお願いしています。”merci de bien vouloir écrire votre nom sur le sac poubelle”

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