Furin (不倫) : de l’immoralité à l’infidelité

Sur kotoba.fr, on a pour le moment éviter les mots un peu houleux mais en voici un : furinDans son sens large, on peut le traduire par "immoralité" même s'il concerne surtout aujourd'hui l'adultère. Quelle est l'origine de ce mot et dans quel contexte est-il employé aujourd'hui au Japon ?

Origine et renaissance du mot furin

不倫 est composé du kanji de la négation 不 (fu) et du kanji 倫 (rin) signifiant "l'éthique, le compagnon". Littéralement, cela donne donc "pas éthique" ou encore "mauvais compagnon". Ce mot a une histoire assez intéressante : bien que son utilisation remonte à l'ère Meiji (1868-1912) et qu'il désignait déjà à l'époque un "une relation amoureuse immorale (qui pouvait être incestueux par exemple). Furin est par la suite tombé dans l'oubli pour devenir un archaïsme.

Ce n'est qu'en 1983 avec entre autre drama Kinyôbi No Tsumatachi He (金曜日の妻たちへ) et d'autres séries ayant pour thème l’infidélité que le mot furin est revenu à la mode. Encore une fois, on peut voir que les médias ont un rôle majeur dans la diffusion des mots et leur popularisation. En particulier la télévision qui a le pouvoir de toucher un grand nombre de personnes dans une courte durée. On trouve comme exemple similaire le mot mazakon qui a également été popularisé grâce aux dramas. Mais revenons à furin et en particulier sur son usage actuel.

Emploi du mot furin aujourd'hui

Bien qu'il soit un nom commun à l'originefurin peut maintenant s'employer comme un verbe en y ajoutant suru. 不倫する男 furin suru otoko veut ainsi dire "un homme qui trompe sa femme". Il faut cependant que cela soit dans le cadre du mariage, on a recours sinon à uwaki (浮気) qui est plus léger. On est ainsi passé d'un terme décrivant à l'origine l'amoralité à l'adultère aujourd'hui. Ceci n'est évidemment pas illogique car tromper son conjoint est désormais vu comme amoral dans la société japonaise.

Pour information, l'adultère est une des raisons que l'on peut mettre en avant pour divorcer au pays du soleil levant. Elle fait en effet partie de la catégorie des futei kôi (不貞行為) "comportements inappropriés" selon la loi japonaise depuis 1947.  Que cela vienne de la femme ou de l'homme, l’infidélité du partenaire peut donc servir comme argument afin de remporter un procès. A noter que dans 95% des cas, le divorce se fait par consentement mutuel au Japon.

Sources : ja.wikipedia (généralités), gogen-allguide (étymologie)